Installer un parent dans une maison de retraite à l’étranger : liste de contrôle juridique, santé et pratique
S’installer à l’étranger · 5 min de lecture · Dernière mise à jour 30 octobre 2026
Installer un proche âgé dans un autre pays n’est pas seulement un choix de soins. Cela soulève aussi des questions juridiques, de santé, financières et pratiques qui varient selon les pays. Ce guide énumère les principaux points à régler, avec des renvois vers des sources officielles. Ce sont des informations générales, pas des conseils juridiques ou financiers : faites appel à un avocat ou à un conseiller du pays de destination pour votre situation.
Partir des souhaits et des capacités de votre proche
Lorsque votre proche peut décider par lui-même, le déménagement doit être sa décision : parlez-en tôt et, si possible, visitez ensemble. S’il risque de perdre la capacité de décider, renseignez-vous sur l’autorité juridique dont vous disposez et sur sa reconnaissance dans le pays de destination avant d’agir.
Procurations et autorité juridique
Une procuration ou une mesure de protection prise dans un pays n’est pas automatiquement acceptée dans un autre. La Convention de La Haye de 2000 sur la protection internationale des adultes vise à faciliter la reconnaissance entre États membres. Selon le tableau d’état de la Conférence de La Haye, mis à jour le 13 octobre 2026, la France, le Portugal et la Grèce sont des États contractants. L’Italie a signé mais pas ratifié la Convention, et l’Espagne et la Turquie n’apparaissent pas dans le tableau.
Couverture santé
Entrer dans une maison de retraite ne donne pas automatiquement accès au système de santé public local. Le droit dépend de la nationalité, de la pension et de la résidence de votre proche.
- Retraités qui s’installent en Europe : les retraités du régime public britannique vivant dans un pays de l’UE, en Suisse, en Norvège, en Islande ou au Liechtenstein peuvent demander un S1, certificat de droit aux soins de santé dans ce pays, auprès de la NHS Business Services Authority. Les ressortissants d’autres pays doivent demander à leurs propres organismes de retraite et de santé quels dispositifs similaires s’appliquent.
- Prestations et S1 : la NHSBSA précise que la Disability Living Allowance, la Personal Independence Payment, la Carer’s Allowance et l’Attendance Allowance ne peuvent plus ouvrir droit à un nouveau S1 ; vérifiez donc quelles prestations votre proche perçoit.
- Cartes pour visiteurs : les cartes de séjour temporaire comme l’EHIC ou la GHIC sont conçues pour des visites, pas pour des installations durables.
- L’établissement lui-même : demandez ce que couvre l’établissement, comment les urgences médicales sont gérées et quel hôpital il utilise.
Résidence, pensions et prestations
- Inscrivez-vous comme résident dans le pays de destination si nécessaire. Les règles, certificats et numéros fiscaux diffèrent selon les pays.
- Communiquez la nouvelle adresse aux organismes de retraite de votre proche, publics et privés.
- Vérifiez quelles prestations peuvent être versées à l’étranger. Certaines ne le peuvent pas, ou cessent après un certain temps à l’étranger.
- Vérifiez comment la résidence influe sur l’aide publique aux soins. L’APA française exige une résidence stable et régulière en France, et le système de dépendance espagnol exige cinq ans de résidence, dont deux immédiatement avant la demande. Voir nos guides par pays : France, Italie, Espagne et Portugal.
Argent, impôts et succession
- La résidence fiscale peut changer le pays qui taxe la pension et les revenus de votre proche. Demandez un avis fiscal transfrontalier avant le déménagement.
- Vérifiez les règles de succession et d’héritage dans les deux pays.
- Si une aide publique sera nécessaire, comprenez d’abord les règles. En France, par exemple, l’aide sociale à l’hébergement peut être récupérée sur la succession et sur les donations faites dans les dix années précédentes.
- Prévoyez comment les frais seront payés, dans quelle devise et par qui, et conservez les justificatifs.
- Réfléchissez bien avant de prendre des décisions irréversibles, comme vendre un logement, tant que le déménagement ne s’est pas stabilisé, et demandez conseil au préalable.
Documents et préparatifs pratiques
- Passeport ou pièce d’identité et tout document de résidence
- Un résumé médical et une liste à jour des médicaments avec leurs noms génériques, traduits si nécessaire
- Carnet de vaccination et résultats d’examens, et coordonnées du médecin actuel
- Documents d’assurance et de retraite
- Procuration ou documents de protection, certifiés et traduits si nécessaire
- Une page « à propos de moi » : habitudes, préférences, personnes importantes et histoire de vie
- Objets familiers, photographies et éventuelles aides linguistiques
- Organisation du voyage et un accompagnateur pour le trajet
Prévoir les changements et les urgences
Choisissez un établissement proche d’un hôpital et bien desservi pour les visites de la famille. Lorsque c’est disponible, les fiches CareBrowser indiquent les hôpitaux, aéroports et gares à proximité. Demandez qui est votre contact d’urgence et en combien de temps l’établissement peut vous joindre.
Discutez de ce que vous feriez si les besoins de votre proche augmentaient, ou s’il voulait rentrer chez lui. Lorsque l’établissement le permet, un séjour d’essai ou temporaire montre si le déménagement fonctionne avant de vous engager. Envisagez de confier à une personne de confiance sur place, comme un ami ou un conseiller en soins local, le soin de lui rendre visite régulièrement. Notre liste de contrôle pour la visite contient des questions supplémentaires pour les familles à l’étranger.
Questions fréquentes
Avons-nous besoin d’un avocat ?
Pour les procurations, la résidence, les impôts et la succession, l’avis d’un avocat ou d’un conseiller du pays de destination est fortement recommandé. Les règles diffèrent d’un pays à l’autre et les erreurs peuvent coûter cher.
Mon parent peut-il conserver sa pension publique à l’étranger ?
Les pensions publiques peuvent généralement être versées à l’étranger, mais les détails, et la poursuite des prestations complémentaires, dépendent du pays et du type de prestation. Interrogez l’organisme de retraite avant le déménagement.
Et si mon parent veut revenir ?
Prévoyez-le dès le départ. Conservez les documents essentiels, vérifiez quels droits à la santé et aux prestations votre proche garde dans son pays d’origine, et évitez les décisions financières irréversibles tant que le déménagement ne s’est pas avéré réussi.
Sources et pour aller plus loin
Ce guide ne contient que des informations générales, rassemblées à partir des sources publiques indiquées ci-dessus à la date affichée. Il ne constitue pas un conseil juridique, médical, fiscal, financier ou de soins, et nous ne pouvons pas garantir qu’il soit complet, exact ou à jour. Les règles, seuils et prix changent et diffèrent selon les pays et les régions, et certaines sources décrivent à titre d’exemple les règles d’autres pays. Vérifiez les détails auprès des autorités et des établissements cités, et demandez conseil à un professionnel pour votre situation avant d’agir. Si vous repérez une erreur, écrivez à [email protected] et nous la corrigerons.